jeudi 25 mai 2017

[Samy] La Princesse Vagabonde de Da Xia



Auteur : Da Xia
Editeur : Edition Urban China
Genre : Action – Aventure – Drame - Historique
Type : Seinen
Nombre de pages : 160
Prix : 12€
Nombre de volume VO : 11 (en cours)
Nombre de volume VF : 8 (en cours)


Résumé :

            Chine, 626. Pour prendre le pouvoir, le second fils de l’empereur, Li Shimin, assassine ses deux frères et tous les membres de leurs familles. Grâce à son intelligence et sa fine lame, la princesse Yongning parvient à échapper aux hommes de son oncle et à se faire passer pour morte. Devenue une fugitive obligée de se déguiser en simple marchand, elle fait le serment de venger ses parents et de reconquérir le trône, quel qu’en soit le prix.





            Salut mes cher otaku, pour l'anniversaire du blog j'ai voulu vous proposer un nouveau genre au sein de la sphère de la culture asiatique. Alors, attachez vos ceintures, car notre avion décolle pour le temps d'une lecture pour vous emmener en Chine.

            Assez récente, la ligne éditoriale d'Urban China est une union entre Dargaud et le groupe chinois ComicFans en 2015. Cette union, vous vous en doutez sûrement avait pour but de faire découvrir au public européen la culture chinoise. C'est ainsi que nous ai parvenu une nouvelle forme de bande dessinée d'origine chinoise appelée Manhua.

            Et si nous commencions par le début ! Étant une férue de culture asiatique, je connais la forme du manhua depuis déjà bien longtemps, j'en ai même quelques-uns dans ma bibliothèque. Je connaissais également La princesse vagabonde de nom, car je l'avais vu dans les rayons à sa sortie en avril 2015 mais je ne m'y étais pas intéressé plus que ça. Le bruit autour de ce manhua me sont parvenus lorsqu'il a été offert à une de mes amies pour son anniversaire. Ayant reçu beaucoup de louange à son sujet, j'ai donc décidé de l'acheter. D'ailleurs, en l'achetant j'ai eu trois personnes devant moi qui m'ont vantés une fois de plus les mérites de l'auteur pour cette oeuvre.

            Autant vous dire que le synopsis et le dessin m'ont charmé. Xia Dia dessine une Chine du 7e siècle en guerre. Le dessin est splendide, épuré, net et précis, ce qui rend la lecture agréable. La lecture est si fluide, que l'on dévore le tome d'une seule traite. Les jeux d'ombres m'ont juste scotché.

            Le deuxième point fort de ce manhua réside dans le personnage de la princesse Yongning. Membre de la dynastie des Hans, elle fuit le palais lorsque son oncle fait assassiner toute sa famille pour accéder au trône. Yongning camouflée en homme élabore son plan pour se venger, elle s'allie alors à des personnes puissantes et se met à leur service ses talents de stratège. L'ancien empereur l'ayant permis de faire une école militaire, la princesse se passionne pour la stratégie et le combat.  L'auteur de ce manhua nous éloigne des clichés de la princesse fragile et naïve qui attend son prince sur son cheval blanc pour la sauver du danger. Yongning est intelligente, maline, instinctive, elle a également la tête sur les épaules.

            Ce manhua nous offre l'histoire d'une héroïne, forte dans une époque où la femme est considérée comme un genre faible dans la société. La protagoniste est crédible et ne se laisse pas marcher dessus. Le thème du travestissement qui nous rappelle Hua Mulan qui s'engage dans la guerre contre les Huns à la place de son père, est intégré au récit et fonctionne très bien. Entre récit historique, guerre et vengeance, cette série d'un magnifique graphisme est une pépite que j'ai été heureuse de découvrir et que je continuerai à suivre avec un grand plaisir.





lundi 22 mai 2017

[Mime] Angelfall tome 1 : Penryn et la fin du monde de Susan Ee




Auteur : Susan Ee
Maison d'édition : Fleuve
Collection : Territoires
Secteurs : Fantastique, Jeunesse
Nombres de pages : 404 pages
Prix : 17,90 €







Aujourd'hui, parlons anges, parlons Angelfall. J'avoue avoir une obsession pour les anges en ce moment. J'ai donc naturellement voulu lire Angelfall de Susan Ee. J'en avais vaguement entendu parler en bien mais aussi en mal et je dois dire que mon avis est assez mitigé !

            Commençons par ce que j'ai vraiment apprécié dans cette histoire : le concept des anges  venus anéantir la population terrestre. C'était une première pour moi qui suis habituée aux anges gentils ou à moitié mais jamais totalement méchant. Là, les anges sont des envahisseurs, des exterminateurs qui considèrent l'humanité comme une sous-espèce. Cette image des anges est vraiment très intéressante puisque par conséquent, il y a tout une réflexion sur Dieu, sur les croyances ainsi que sur l'humanité qui doit choisir entre résister ou se cacher. Le seul problème avec cela, c'est que l'on ne comprend pas pourquoi les anges sont là. L'histoire se déroule quelques semaines après leur arrivée, on est donc propulsé dans un monde déjà anéanti. J'ai eu beaucoup de questions sans réponse sur l'attaque des anges, pendant ma lecture. J'ai, par conséquent, eu l'impression qu'il y avait des blancs dans l'histoire, ce qui a parfois coupé ma lecture mais ce n'est que le premier tome, les réponses viendront peut-être, je l'espère, avec les tomes suivant. La politique des anges est aussi difficile à comprendre. Je n'ai pas bien compris leur hiérarchie et leur histoire. Tout cela semble très intéressant mais manque de précision et d'explication.

            Les personnages sont un point fort du livre. Le personnage de Penryn, qui est l'héroïne de l'histoire, est très plaisant à suivre. Elle est déterminée et courageuse, elle a des peurs mais arrive à passer au-dessus. L'histoire débute par l'enlèvement de sa petite sœur par les anges, Penryn décide donc de partir la sauver au péril de sa vie. Elle fait équipe avec un ange qui a eu les ailes arrachées. On sent la petite relation amoureuse arriver et pourtant rien n'arrive vraiment avant les derniers chapitres. J'ai presque eu l'impression que rien ne se passerait entre eux dans ce premier tome. Raffe, l'ange sans ailes, est assez froid et plutôt arrogant mais j'aime beaucoup son personnage. Il est dangereux et irrésistible. Son caractère contraste avec celui enflammé de Penryn, ce qui donne un mélange assez intéressant. Ils ont du mal à se supporter, ils sont ennemis et pourtant ils vont faire équipe et finir par se rapprocher. J'ai trouvé cette évolution très bien menée mais tout de même un peu lente. J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage de la mère de Penryn. Elle est complètement dingue et effrayante. On ne comprend pas ce personnage et on ne peut pas le cerner. C'est très perturbant pour le lecteur mais ça rend le personnage très intéressant. J'ai eu des frissons à chaque fois qu'elle était dans les parages. C'est vraiment ce personnage qui donne au bouquin son ambiance sombre. Si j'étais Penryn, je craindrais plus ma mère que les anges !

            Ce livre m'a laissée sur ma faim et je dois dire que ce qui m'a fait poursuivre ma lecture  jusqu'à la fin est la relation entre Penryn et Raffe qui grandissait. L'idée d'une guerre entre les anges et les humains est vraiment bonne mais pas assez bien expliquée à mon goût. Je vais tout de même continuer la trilogie parce que j'ai vraiment apprécié les personnages et l'ambiance assez sombre. J'espère comprendre mieux l'univers mis en place avec les tomes suivants. La fin du premier tome m'a laissée assez perplexe, je me pose vraiment des questions sur la suite. Que va-t-il se passer pour la famille de Penryn ? Pour la résistance ? Et Raffe dans tout ça ? J'espère que les prochains tomes ne me laisseront pas dans le flou et combleront les blancs qu'il a pu y avoir dans le premier tome. Il semblerait que les droits du livre aient été achetés il y a quelques années. J'espère qu'il sera adapté à l'écran parce que je pense que ce livre a beaucoup de potentiel malgré les quelques défauts que j'ai pu lui trouver.

           


           

samedi 20 mai 2017

Pour les néophytes: Les CLAMP



LES CLAMP



Salut chers lecteurs,
Aujourd'hui, j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous parler d'un genre qui me tient à cœur au sein de la sphère du manga. Pour vous les néophytes, je vous propose de découvrir un style de manga qui pour certains d'entre nous les Otaku est une pépite de la culture nippone; les Clamp.




Qu'est-ce que c'est ?

Le Clamp qui au fil de temps est utilisé pour parler du style du manga, est un groupe féminin de quatre mangakas japonaises publiées dans le Weekly Young Magazine au Japon depuis plus de vingt ans. Si vous ne le savez pas, certains mangas sont prépubliés dans des magazines hebdomadaires avant d'être publiés en tomes. Rappelez-vous du XIXe en France et le roman-feuilleton : le roman populaire publié par épisode dans le journal.












Qui sont-elles ?



De gauche à droite :
  • Satsuki Igarashi : elle s'occupe des trames et du design des mangas
  • Nanse Ohkawa : la leader du groupe, elle s'occupe des scénarios, des traits des personnages et du nombre de page
  • Tsubaki Nekoi : spécialisé dans les caricatures des personnages et dessinatrice principale sur trois des séries
  • Mokona : dessinatrice principale sur la majorité des séries

Le genre ?

La particularité de CLAMP, c'est qu'il se glisse dans diverses catégories : du magical girl, du shônen, du shôjo, seinein... Le Clamp se diversifie dans deux nombreux genres et ils varient tout comme le public. L'importance du Clamp se situe dans l'univers peint par les auteures, dans le dessin et le scénario. Empreint de fantasy où les thématiques de spiritualité, du fantastique, de la dichotomie entre le bien et le mal et du destin sont importantes, on y retrouve un scénario bien ficelé dans des codes graphiques où les décors sont détaillés, recherchés. L'univers y est riche et les thèmes oscillent entre conflits politiques, mythologie, violence et romance.


Quelques-unes de leur séries importantes :




Titre : RG Veda
Nombre de volume VF : 10 (terminée)




Titre : Tokyo Babylon
Nombre de volume VF : 7 (terminée)




Titre : Clamp School Détective
Nombre de volume VF : 3 (terminée)




Titre : Magic Knight Rayearth
Nombre de volume VF : 6 (terminée)



Titre : Card Captor Sakura
Nombre de volume VF : 12



Titre : Chobits
Nombre de volume VF : 8


Un autre point est à prendre en considération sur les Clamp : il s'agit des liens. Certaines des œuvres de Clamp sont connectées, aussi les histoires coexistent entre elles. On peut parler de cross-over. Sakura et Shaolan de Tsubasa Reservoir Chronicles est une projection des deux personnages principaux du même nom de Card Captor Sakura. Il s'agit des mêmes personnages, mais dans deux univers différents.

Les Clamp plaisant énormément à leur public il n'est pas surprenant de voir que bon nombre de leurs œuvres ont été adaptées sur un écran en animation.

Et voilà mes cher néophytes et Otaku, c'est ici que s'achève notre petite séance sur les Clamp. N'hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Et j'ai été très contente de pouvoir vous parler de ces manga qui me tiennent à cœur.


vendredi 19 mai 2017

[Marine] La Demoiselle de Wellington de Dorothée Piatek




Auteur: Dorothée Piatek

Illustrateur : Jérémy Moncheaux

Maison d'édition: Seuil

Secteurs: Jeunesse

Nombre de pages: 100 pages

Prix du livre neuf: 12 €






Pour ce livre, j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur avant de le lire, au Salon du Livre d’Arras, le 1er mai. La sortie de ce roman est dans le prolongement de la commémoration de la bataille d’Arras du 9 avril 1917, qui nous a permis de nous rendre compte de l’ampleur de celle-ci. Des milliers de soldats ont vécu sous la ville, dans les carrières, afin de préparer un combat sans précédent. C’est ce dont nous avons parlé rapidement avec l’auteur lors de notre rencontre. Elle m’a ensuite dédicacé mon livre, m’écrivant qu’elle m’accompagnait dans ma lecture pour découvrir le quotidien de ces hommes.  Ce roman est sorti le 11 mai, j’ai donc lu ce livre en avant-première (et oui mon article arrive un peu tard…) !

Vous vous demandez certainement pourquoi un roman sur la première guerre mondiale et ses soldats s’intitule La Demoiselle de Wellington. Je me suis moi-même posée la question mais j’ai très vite compris, dès la lecture des premières pages. Ce roman repose sur le portrait d’une jeune femme que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les carrières Wellington, que l’on peut visiter. L’auteur a créé une histoire autour de ce portrait mystérieux. L’intrigue débute lorsqu’une anglaise apprend la mort de son mari au combat. Elle reçoit alors le carnet que celui-ci a tenu pour elle. Il y a écrit ses espoirs, ses peines et ses conditions de vie.  Et c’est ce carnet que nous allons lire dans ce roman et plus précisément les cinq jours qui ont précédé le combat.

Ce qui m’a d’abord frappé, c’est l’ampleur de cette bataille. Le personnage principal, Dean Kingston s’étonne lui-même, au début du roman, du caractère exceptionnel de ce qui se prépare à Arras. La ville est meurtrie par les bombardements des Allemands se trouvant aux alentours et pendant ce temps une ville se construit sous terre. Des soldats de toutes les nationalités se rassemblent pour faire front ensemble. Des Anglais, des Canadiens… sont venus renforcer les troupes françaises. Même des Néo-Zélandais sont là pour creuser des tunnels. Ceux-ci ont permis aux soldats d’approcher le plus possible de la ligne de front sans traverser le no man’s land afin d’attaquer l’ennemi  par surprise.

Mais ce roman n’est pas simplement une description de faits historiques. L’auteur nous fait découvrir le quotidien et l’état d’esprit des hommes vivants sous terre dans l’attente d’une bataille qui s’annonce exceptionnelle. Ce carnet est un concentré d’émotions. Le soldat s’adresse directement à sa femme, Jenny, dans ses écrits, ce qui permet une identification supplémentaire du lecteur. Pour ma part, je me suis identifiée à cette femme et j’ai lu ce carnet à travers ses yeux. Mais j’imagine que, selon le lecteur, l’identification peut se faire également avec Dean. Dans les deux cas l’émotion est palpable du début à la fin. L’atmosphère dans cette carrière est pesante et l’est de plus en plus. Même s’il fait plus chaud qu’au dehors, les soldats ont froid. Ils souffrent de ne plus voir la lumière du jour et de ne pas pouvoir respirer l’air frais du dehors. De plus, tout les rapproche d’une bataille qu’ils anticipent comme un combat sanglant. Lorsque Dean raconte cela à sa femme, nous ressentons l’angoisse qui le ronge. Mais par moments, le soldat évoque ses espoirs et ses souvenirs heureux dans sa campagne anglaise où Jenny l’attend. Il ne cesse de répéter qu’il vaincra lors de cette bataille et qu’il rentrera chez lui. Ces passages sont de véritables bulles d’oxygène que ce soit pour le personnage ou pour le lecteur. Nous sommes face à un personnage plein d’humanité qui a même de la compassion pour l’ennemi. Non pas pour les Allemands qui les attaquent mais pour ces soldats qui sont des individus comme lui qui se battent pour leur pays et qui souffrent dans le froid. Eux aussi ont des gens qui les aiment et qui les attendent dans leur pays. Une belle leçon !

Je dois vous dire que j’ai lu la première journée de ce carnet à haute voix. Pourquoi ? Pour faire résonner les mots et entendre leur beauté. Dorothée Piatek, a bien choisi ses mots afin de faire ressortir émotion, délicatesse, puissance et beauté. En lisant ainsi, j’avais l’impression que Dean s’adressait directement à moi, c’est pourquoi mon identification à Jenny a d’autant plus fonctionné. Ce roman, très bien écrit, est accompagné de quelques illustrations en noir et blanc. Elles représentent les scènes clé du roman. La plupart d’entre elles montrent les émotions des personnages.

J’ai passé un très beau moment à la lecture de ce roman, un moment qui m’a fait ressentir le poids et la gravité de ce qu’ont vécu ces hommes. Il est nécessaire de pourvoir comprendre ce qu’ils y ont ressenti. Cela m’a également donné envie de revisiter les carrières Wellington. Mais après cette lecture, je pense que j’aurai un regard différent sur celles-ci. Lisez-ce livre, potentiels futur lecteurs, puis venez faire un tour à Arras, vous ne serez pas déçus.